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Quelle légalité pour les paris sportifs en ligne ? (Note pour Le Figaro)

En France, la loi du 21 mai 1836 prohibe toutes les opérations offertes au public, sous quelque dénomination que ce soit, pour faire naître l’espérance d’un gain qui serait acquis par la voie du sort .

Les paris sportifs, dans la mesure où, même en présence d’une connaissance approfondie de la valeur des compétiteurs, intervient une certaine part de hasard, entrent dans cette catégorie (CA Paris, 28 avril 1971).

La violation de cette interdiction est punie de 2 ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende (portée au quintuple pour une personne morale). A ces peines peuvent s’ajouter des peines complémentaires telles qu’interdiction des droits civiques, confiscations etc. ainsi que les peines applicables aux personnes morales (interdiction d’exercice, fermeture d’établissement, etc.).

Pour ce qui concerne spécifiquement les paris hippiques, la loi du 2 juin 1891 accorde un monopole au PMU. Les personnes recevant ou offrant de recevoir des paris peuvent, quant à elles, se voir condamnées à une peine de trois à cinq ans d’emprisonnement, assortie d’une amende pouvant aller jusqu’à 300.000 euros.

Cette loi attribue en outre expressément la qualité de complice de cette infraction, encourant à ce titre les mêmes peines, aux personnes engageant ces paris, c’est à dire aux joueurs.

La mise en ligne de ces activités est-elle susceptible de remettre en cause leur illégalité ?

A priori, dès lors que le site permet au public français de jouer en ligne, voire cible ce public, les règles ci-dessus exposées ont vocation à s’appliquer. Le juge français sera compétent pour appliquer la loi pénale. Il est nécessaire, toutefois, qu’un lien de rattachement quelconque existe avec le territoire français.

La question qui peut néanmoins se poser est celle de la conformité de la législation française, accordant un monopole à la FDJ et au PMU, au regard des dispositions sur la libre prestation de services, prévues à l’article 46 du Traité CE.

De principe, les jeux d’argent sont exclus du chapitre d’application de la directive « Services obligeant à la libre concurrence des services entre les Etats membres ».

A ce titre, l’arrêt Gambelli, rendu en novembre 2003 par la CJCE, rappelait qu’un tel monopole ne pouvait être justifié que par un motif légitime lié, par exemple, à la protection du consommateur ou à la lutte contre la fraude, et précisait que les Etats ne pouvaient légitimement invoquer de tels motifs tout en encourageant, à grand renfort de publicité, l’activité de leurs propres monopoles.

Un décret a été adopté, le 17 février 2006, visant à apporter une apparence de conformité des monopoles institués à ces exigences, en rappelant les missions conférées à ces organismes en terme de canalisation de l’offre, de lutte contre le blanchiment, etc. On peut néanmoins s’interroger sur sa légitimité.

Les récentes affaires de paris truqués dans le milieu du Football belge ne plaident pas en faveur d’un allégement de ce cadre juridique.

En France, par l’intermédiaire de la Française des Jeux (ou de la Ligue Française de Football), en Italie et en Belgique, notamment, les institutions ou monopoles veillent jalousement à leur prérogatives et n’hésitent pas à défendre en justice leurs droits. Plusieurs procédures sont en cours actuellement en France.

Plus récemment, le REAL MADRID a déclaré intenter une action en justice contre 7 sites de paris en ligne. Pourtant, trois plaintes ont été déposées contre la France devant la CJCE par des sites internet étrangers.

C’est probablement cette instance européenne qui portera les premiers coups aux monopoles étatiques, sous l’œil attentif des professionnels.

5 commentaire(s)

  1. 12 mars 2008 - Répondre

    Je pense qu’il faudrait mettre cet article à jour.

    Car en début 2008 il me semble avoir lu quelque chose à ce sujet visant à légaliser les activités de la toile.

    Je vais me documenter et si je retrouve les réponses aux questions concernant la légalité de ces activité, je posterais ici même un lien.

  2. 12 mars 2008 - Répondre

    Je pense qu’il faudrait mettre cet article à jour.

    Car en début 2008 il me semble avoir lu quelque chose à ce sujet visant à légaliser les activités de la toile.

    Je vais me documenter et si je retrouve les réponses aux questions concernant la légalité de ces activité, je posterais ici même un lien.

  3. Eric
    18 août 2008 - Répondre

    Une question me vient: qu’en est-il de sites offrant des pronostics et des prédictions sans mise d’argent. Est-ce considéré comme un pari, dès lors qu’on fait un pronostic ? Des poursuites peuvent-elles avoir lieu même si aucune somme d’argent n’est enregistrée sur le site ?

  4. Eric
    18 août 2008 - Répondre

    Une question me vient: qu’en est-il de sites offrant des pronostics et des prédictions sans mise d’argent. Est-ce considéré comme un pari, dès lors qu’on fait un pronostic ? Des poursuites peuvent-elles avoir lieu même si aucune somme d’argent n’est enregistrée sur le site ?

  5. Segov L
    17 novembre 2009 - Répondre

    L’ouverture des jeux d’argent et de hasard en ligne en France signe la fin du monopole de quelques opérateurs, introduit plus de concurrence et renforce la lutte contre les jeux d’argent illégaux.

    La décision s’inscrit dans le contexte européen afin de garantir la compatibilité de la législation des États Membres avec le droit communautaire concernant la libre circulation des services.

    Cependant, de nombreux amendements approuvés par les parlementaires français (cf. l’interdiction du betting exchange pour des motifs plus que contestables) sont clairement discriminatoires à l’encontre des opérateurs européens.

    L’initiative « right2bet » (le « droit de parier ») cherche à lutter contre les monopoles d’Etat en matière de jeux d’argent. La campagne prend notamment la forme d’une pétition, dont les signataires réclament « le droit d’utiliser Internet pour parier dans n’importe quel pays de l’Union européenne et le droit de choisir des sites de jeu établis par des opérateurs agrées partout en Europe ».

    Sur le site http://www.right2bet.fr il est possible de signer la pétition pour que les citoyens de l’UE puissent parier librement, quel que soit leur état membre de résidence.

    Les organisateurs de la pétition comptent atteindre un million de signatures, leur permettant, en vertu du traité de Lisbonne, de présenter leurs requêtes à la Commission Européenne.

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