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Smart textiles : quelles problématiques juridiques ?

La part des tissus et vêtements techniques en France représente environ 25% du marché textile.

Certains experts projettent un chiffre d’affaires pour le smart textile à hauteur de 1,5 milliards d’euros d’ici 2021.

Dans le domaine des sports et loisirs, de la santé, les applications sont nombreuses : body pour bébés changeant de couleur en cas de fièvre, vêtements de travail connectés analysant la pénibilité des tâches, gilet pare-balles en silicone souple durcissant à l’impact… Le textile est en passe de devenir un produit de haute technologie, empruntant des innovations jusqu’au secteur des télécommunications.

Il en est ainsi de la technologie de retour haptique qui permet aux utilisateurs de manipuler des objets dans un environnement virtuel avec un certain ressenti tactile, désormais envisagée sérieusement dans le domaine textile afin, par exemple, de reproduire des textures, des formes ou des mouvements.

La société Apple, qui ne s’y est pas trompée, a déposé en juillet 2018 deux brevets portant sur des technologies de textile intelligent.

L’essor pris par le sport textile nous a amenés à nous interroger sur différentes problématiques juridiques qui lui sont liées.

La première d’entre elles concerne le choix d’une protection selon la nature et les caractéristiques du vêtement ou textile concerné.

Le droit français offre ainsi le choix entre différents types de protection intellectuelle, parmi lesquelles :
– le brevet, qui permettra de protéger une technologie apportant une solution technique à un problème technique ;
– la marque ;
– le dessin & modèle permettant de protéger l’apparence ou l’ornement d’un produit ;
– et enfin le droit d’auteur, qui, pour l’aspect logiciel, pourrait également s’avérer opportun dans la perspective d’une protection d’un vêtement intelligent et de sa communication avec son environnement.

La question de la responsabilité attachée à un vêtement ou textile défectueux peut, quant à elle, être abordée sous l’angle du droit commun, et notamment de l’article 1245 du Code Civil, prévoyant la responsabilité du « producteur » pour tout dommage causé par un défaut du produit.

Rappelons qu’un produit est défectueux lorsqu’il n’offre pas la sécurité à laquelle l’utilisateur peut légitimement s’attendre, en tenant compte de toutes les circonstances, et notamment de la présentation du produit, de l’usage qui peut en être raisonnablement attendu et du moment de sa mise en circulation.

La difficulté dans l’application de ce cadre juridique pourrait résulter notamment des incertitudes liées à un sinistre résultant, non pas du vêtement lui-même, mais du service rendu par le biais de la technologie communicante qui lui est associée, ou d’un vêtement ayant, par le biais de l’intelligence artificielle dont il bénéficie, appris et modifié ses caractéristiques au point d’échapper au contrôle du producteur l’ayant mis sur le marché.

Par ailleurs, dans la mesure où les vêtements connectés sont amenés, le plus souvent, à collecter des données à caractère personnel relatives à leurs utilisateurs (données de géolocalisation, données biométriques, etc.), l’ensemble des problématiques relatives à la protection de la vie privée, résultant notamment du nouveau Règlement RGPD en vigueur depuis mai 2018, devront être prises en compte.

A cet égard, l’information des personnes concernées sur les traitements automatisés mis en œuvre, devra faire l’objet d’un soin particulier par le responsable du traitement concerné, dont l’identité pourrait, selon les hypothèses, être complexe à établir.

Enfin, il convient de rappeler que le cadre juridique applicable aux dispositifs médicaux, susceptibles de s’appliquer à de tels vêtements intelligents, est en pleine refonte du fait de l’adoption, en 2017, du règlement européen 2017/745 qui entrera en vigueur en 2020.

En parallèle, la Haute Autorité de Santé a, en avril dernier, précisé ses méthodes d’évaluations des dispositifs médicaux connectés et défini leur périmètre en vue d’une prise en charge par l’assurance maladie.

S’inscrivant dans une problématique plus globale qui est celle des objets connectés, les problématiques juridiques applicables aux vêtements intelligents présentent un intérêt indéniable au vu des perspectives d’évolution de ce marché dans les prochaines années.

Viviane Gelles
Avocat associé, cabinet Jurisexpert
www.jurisexpert.net

Maître Blandine POIDEVIN participe à la table ronde du CLUSIF ce 12 décembre

Retrouvez via ce lien le programme de la conférence du CLUSIF : « Cloud, sous-traitants, etc… Maîtriser son SI au-delà des frontières organisationnelles ».

Maître Blandine POIDEVIN interviendra au colloque de l’AFDIT à Aix-en-Provence ce vendredi 7 décembre

4ème édition des journées du numérique de l’AFDIT Sud-Est.

« La quatrième édition des journées du numérique de l’AFDIT sud-est sera consacrée au Droit face aux défis de la sécurité informatique.

Le RGPD qui était le sujet de l’édition précédente a été un nouveau et puissant révélateur de la question de plus en plus fondamentale et inquiétante de la sécurité informatique et de la nécessité d’y apporter aussi des réponses juridiques.

Le sujet ne concerne plus seulement les professionnels de l’informatique et il est tout aussi nécessaire d’améliorer sa situation technique que de connaitre quelles sont ses obligations en la matière et sur quels droits il est possible de s’appuyer pour se protéger ou se défendre. »

A 16h30, Maître Blandine POIDEVIN interviendra sur « la notification des failles de sécurité ».

Voir le programme complet via ce lien.

Fiscalité du bitcoin

Le cadre fiscal applicable aux monnaies virtuelles se précise pas à pas. Ainsi, l’Assemblée nationale a proposé, le 15 novembre dernier, de définir le cadre fiscal applicable aux gains réalisés par les particuliers lors de la cession d’actifs numériques, en marge de l’examen du projet de budget pour 2019.

Il s’agirait de créer un cadre « adapté à l’imposition, à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, des gains réalisés à titre occasionnel par les particuliers lors de la cession de crypto-actifs ».

Les gains seraient imposés, comme c’est le cas pour les plans d’épargne en actions,  à un taux global de 30%. Les opérations d’échange entre actifs numériques seraient exonérées.

Par ailleurs,  les personnes concernées par ces opérations seraient tenues de déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus ou de résultats, les références des comptes de crypto-actifs ouverts, détenus, utilisés ou clos auprès d’entreprises, personnes morales, institutions ou organismes établis à l’étranger.

A suivre…

Matinale « smart textile »

Nous avons organisé hier matin au cabinet une matinale, réunissant des responsables juridiques, juristes et un ingénieur, autour des problématiques liées aux tissus intelligents et vêtements connectés.

Quelle protection intellectuelle pour ces innovations ? Comment respecter le droit à la vie privée ? Quelle responsabilité est associée à un article défectueux ? Les vêtements connectés peuvent-ils être considérés comme des dispositifs médicaux ? Comment sécuriser la chaîne contractuelle ?

Voici quelques unes des questions qui ont été abordées lors de ce moment convivial.

De l’intérêt de choisir un nom de domaine distinctif

Les plus âgés se souviendront de la jurisprudence « Bois tropicaux » de 2002.

Les plus jeunes pourront se reporter à la décision rendue le 1er octobre 2018 par le TGI de Rennes rappelant l’utilité de choisir un nom de domaine distinctif.

Le litige opposait la société Ariase, titulaire du nom de domaine « lesartisansdemenageurs.fr », qui reprochait l’utilisation par son concurrent Picard Déménagement du nom de domaine « artisans-demenageurs.com » pour proposer des services identiques.

La société demanderesse considérait que l’utilisation de ce nom de domaine était de nature à entraîner un risque de confusion lié au caractère original ou distinctif des éléments reproduits et estimait que son concurrent avait ainsi détourné sa clientèle en profitant de son référencement avantageux.

Saisie d’une action fondée, notamment, sur les actes de concurrence déloyale ainsi reprochés, le TGI de Rennes a rappelé, tout d’abord, que, même si les organismes chargés d’enregistrer les noms de domaine refusaient de se livrer à un examen de leur caractère distinctif, les noms de domaine restaient soumis à l’exigence de distinctivité, qui influe sur leur protection dès lors que le risque de confusion invoqué en découle.

Le tribunal retient que « le réservataire d’un nom de domaine ne peut reprocher à un tiers de faire usage d’un signe postérieur, identique ou similaire au sien, qu’à condition d’établir l’existence d’une faute préjudiciable commise par ce tiers. Or si le nom de domaine n’est constitué que d’un terme générique ou descriptif, son utilisateur ne peut faire grief à un tiers d’avoir commis une faute en utilisant le même terme afin de désigner des produits, services ou activités identiques ou similaires. »

Il s’en déduit que les termes nécessaires ou utiles à la désignation ou à la description des produits, services ou activités proposés, appartiennent au domaine public et doivent rester à la disposition de tous si bien que nul ne peut être considéré comme fautif de l’avoir utilisé.

Ainsi, l’absence totale de distinctivité des termes utilisés pour les noms de domaine exclue qu’il puisse y avoir le moindre risque de confusion et, partant, une faute susceptible d’être reprochée au concurrent assigné.

 

Route du Rhum 2018

Nous souhaitons bon vent à Romain Rossi, qui a pris le départ de la Route du Rhum 2018. Ce fut un plaisir de l’accompagner dans le cadre du sponsoring dont il a bénéficié.